Journal

Adieux au Pakistan

Mathieu Tallon, Dimanche, 29 Août 2010 23:19

Dans quelques instants, nous nous rendrons à l’aéroport d’Islamabad, belle ville tranquille. La mission que nous avons remplie au nom du consortium 12-12 prend fin. Difficile de décrire en quelques lignes ou en une photo toutes les pensées et émotions qui nous ont traversées, ou encore les rencontres et expériences que nous avons vécues. Je revois des visages d’enfants qui rient et d’autres qui pleurent, une maman pleine d’espoir, et une autre désemparée devant la faim et l'affaiblissement subis par sa famille. Je revois des hommes pleins de force qui ne pensent qu’à la reconstruction de leur maison et d’autres qui retiennent leurs émotions mais dont la déchirure est visible.

Lorsque la maladie frappe par ignorance...

Mathieu Tallon, Dimanche, 29 Août 2010 06:45

…Du fait des conditions d’hygiène déplorables dans les camps, de nombreux enfants souffrent d’infections cutanées. Un phénomène typique dans des situations d’urgence telles que celle-ci. Les démangeaisons sont insoutenables, les enfants ne parviennent pas à se retenir de gratter les plaques qui leur couvrent le corps. Ils sont nombreux à présenter des plaies ouvertes. Vu leurs carences en vitamines, ces blessures mettent du temps à guérir et elles s’infectent, avec des poussées de fièvre pour conséquence. Pour bien faire, et à défaut d’autres fournitures médicales, les parents de ces enfants utilisent du talque pour les soulager. Ils croient ainsi pouvoir désinfecter et accélérer la guérison de leurs plaies. En vérité, l’usage du talque sur des plaies ouvertes peut se révéler très dangereux et entrainer des granulomes. Ces derniers sont le résultat d’une réaction inflammatoire du corps face à la présence de corps étrangers et qui peut avoir pour conséquence des tumeurs sous-cutanées.

Sindh: trop... tout simplement trop

Mathieu Tallon, Samedi, 28 Août 2010 14:53

Une petite fille est au milieu d’une cour boueuse. Elle pleure et personne ne semble la réconforter. Son village a été complètement inondé et il est encore sous eau. Depuis 15 jours, elle et sa famille ont trouvé refuge ici, un simple bâtiment scolaire sans aucun équipement. Il n'y a pas d'eau potable disponible ni latrine. Les autorités donnent chaque jour 40 petits bols de riz aux 140 hommes, femmes et enfants qui sont ici. La nourriture est mal conservée et presque tous les enfants présentent des symptômes de diarrhée et de maladies de la peau. Les buffles, les moutons et les chèvres qui ont pu être sauvées vivent au milieu des gens. Il y a des excréments partout. Les conditions de vie dans ce camp ont déjà coûté la vie à 3 enfants.

Sindh en images

Mathieu Tallon, Samedi, 28 Août 2010 13:39

Les inondations ont tout ravagé ici. De part et d’autre de cette voie de chemin de fer, de nombreux villages sont sous eau. Les eaux montent à vue d’œil. Un militaire nous conseille de ne pas nous attarder.

L’un de ces nombreux camions-citernes qui viennent approvisionner en eau potable les camps improvisés.

Shikarpur, Sindh. Il fait 45 degrés. Nous sommes témoins du premier soutien financier direct accordé à une victime des inondations ici par Oxfam. Avec ces 5000 roupies, c’est-à-dire 50 euros, cette femme pourra nourrir sa famille de 7 personnes pendant près d’un mois. 20.000 familles vont bénéficier de cette aide.

27 août 22h12, nous arrivons à Sukkur dans la province de Sindh

Mathieu Tallon, Vendredi, 27 Août 2010 22:12

Les images sont difficiles à supporter, nous voyons des gens sans aucun refuge le long de la piste avec les seuls petits effets personnels qu’ils ont pu sauver de la montée des eaux. Le bétail qui été épargné erre à la recherche d’herbe pour se nourrir, mais en vain. Ces dernières heures, l'eau a encore monté et il est à craindre que le pire est encore à venir. Nous avons rendez-vous à 6 heures demain matin, avec les collaborateurs d'Oxfam, nous ne savons pas ce qui nous attend.

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L'auteur

Mathieu TallonNom: Mathieu Tallon
Consortium 1212

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